La vie aux Mimosas au temps du corona virus

Ce mois de mars 2020  sera marqué dans  l’histoire des Mimosas et dans la nôtre à tous. Jamais auparavant aucun virus ni bactérie n’ont autant bouleversé notre vie personnelle et celle de l’établissement. Depuis début mars, chaque jour apporte son lot de mauvaises nouvelles et avec cela  des restrictions officielles qui nous obligent petit à petit à nous renfermer sur nous-mêmes. Nos sorties mensuelles au restaurant, au café, chez le coiffeur au Salon de l’auto etc… disparaissent du programme les unes après les autres. Plusieurs de nos résidants qui ont l’habitude de sortir en ville se voient refuser la permission. Au début, ils acceptent en se disant que cela ne va pas durer, mais quand ils réalisent que les restrictions s’installent pour longtemps, certains se révoltent,  les autres acceptent avec résignation.

Un changement soudain

Du jour au lendemain, le personnel arrive masqué, l’organisation du travail subit des changements perpétuels liés aux absences des personnes qui, au moindre symptôme grippal, s’arrêtent quelques jours ou vont se faire tester. Le personnel hôtelier passe le clair de son temps à nettoyer et désinfecter les locaux. Les masques et le désinfectant pour les mains deviennent une denrée rare,  car nos livraisons sont irrégulières. Nous sommes donc obligés de veiller à leur distribution en sécurisant leur stockage.

Un isolement difficile à vivre

Les annonces officielles qui provoquent les fermetures des écoles, restaurants, commerces non essentiels nous renferment momentanément sur nous-mêmes. Plus personne, à part le personnel de l’établissement, ne pénètre à l’intérieur. Toutes les visites médicales, examens, traitements qui ne sont pas vitaux sont annulés. Les familles et les proches sont priés de s’abstenir de visites.

Mais la vie continue et redouble d’intensité à l’intérieur…

Mais à l’intérieur de la pension, après une petite période de déprime générale, la vie reprend ses droits. Les activités de la vie quotidienne, les animations variées, les anniversaires et les balades dans notre beau jardin plein de fleurs remplissent les journées. L‘équipe d’animation, la psychomotricienne, le musicothérapeute redoublent d’effort et d’imagination pour agrémenter le temps.

Nous avons « dépoussiéré » les jeux de société (qui se font à une distance thérapeutique et en petite groupes de 2 personnes) ; les liens avec les familles par téléphone, par Skype et par écrit permettent de rompre le sentiment d’enfermement. Les listes d’achat sont établies et réalisées de manière régulière pour approvisionner nos résidants en cigarettes et produits qu’ils ont l’habitude de consommer. Mais malgré les efforts de l’équipe pour rendre la vie supportable, voire agréable il y a aussi des moments difficiles, car l’enfermement a une influence très négative sur la santé psychique des  personnes fragilisées. Là, l’infirmière cheffe et son équipe se mettent en action pour gérer les conflits entre les résidants, les crises et les débordements de certains  ceci avec beaucoup de professionnalisme, patience et surtout diplomatie.

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